verticalisation
eteixna
Mi reptile, mi féline à chaque mort une nouvelle mue Elle est à présent comme l'accessoire de mon existence, une broche dont l'aiguille me rentre dans la chair. Sombre surprise, je sens ses doigts invisibles me caresser la nuque, saisir subrepticement mes entrailles. L'effroi m'emplit et je me plie à cette force incompréhensible. Mes tempes deviennent tambour et ma gorge fournaise. Je ne suis plus qu'un amas de ressentis. Je ne suis plus qu'un corps à l'horizontal. Incapable de sortir de chez soi ni de sa propre tête. Torture jubilatoire. Je m'époumone et ne sais plus quoi faire de moi même. Mes paupières sont nuit sur commande, je tente de m'extraire de la situation en fermant les yeux. Je ne la vois pas = elle n'existe pas. Alors j'évite les miroirs et toute surface réfléchissante. Benzo enzo nzo zo o (cercle vicieux) zo nzo enzo Benzo
Le soir, je m'endors grâce au petit pois. Il ne se trouve pas sous mon matelas, mais bel et bien dans mon estomac. Il se dissout dans mon organisme, se fluidifie et coule dans mes gouttières. Mes paupières s'alourdissent au rythme de ce sempiternel métronome, catalyseur de minutes, de secondes - Le soir, j'ai la certitude de m'endormir.
J'aime regarder les choses à l'envers. Je trouve que les arbres ressemblent à des poumons. Nos pieds sont comme aimantés à la Terre. Nos larmes irriguent le ciel, nos sourires ne mentent plus. Parfois, l'envers semble avoir plus de sens que l'endroit, il suffit juste de prendre le temps d'imaginer, de décortiquer mots et concepts. Une chaussette mise à l'envers reste une chaussette. Un escalier garde tout autant son utilité. Allongée, je me trouve dans un entre-deux, ni aimantée au sol, ni attirée par le ciel. Allongée, l'imagination en illimité. Allongée, je perds mon utilité. A l'envers, j'aurais peut-être plus d'intérêt.
Il existe un monde parallèle à mes angoisses, un monde dans lequel j’ouvre les yeux et je tombe dans les siens. Je me retourne dans mon lit et elle est là, première douce lueur du soleil. Je plonge dans ses bras, cette étreinte provoque en moi un effet dopaminergique instantané.





J’aime beaucoup ce texte, il me parle. Merci pour tes mots. Et en effet, allongé, la tête est partout à la fois. On peut la laisser divaguer à son rythme sans la retenir